Walk, pour une danseuse et un violoniste
Pour une danseuse et un violoniste
2001
Durée : 45 ’
Chorégraphie : Laurence Marthouret
Création : 2001 - Théâtre de La Courée (Collégien)
Sona Khochafian
Le projet consistait à associer l’écriture chorégraphique et l’écriture musicale dès la conception de l’œuvre, par l’établissement d’une véritable partition commune au compositeur et à la chorégraphe. L’idée était d’utiliser la notation chorégraphique (système Laban) qui, mise en parallèle à la notation musicale, devrait permettre de jouer avec une extrême précision sur tous les degrés de la relation danse-musique, depuis l’indépendance réciproque totale jusqu’à, par moments, la coïncidence absolue du geste musical et du mouvement dansé. C’est ce jeu subtil d’éloignement-rapprochement qu’il nous intéressait d’explorer et qui devint possible dès lors que la chorégraphie fut aussi rigoureusement notée que la musique.
Mais la notation musicale n’est, pas plus que le système Laban, seulement un moyen de conservation. Dans un cas comme dans l’autre il convient de distinguer l’écriture et la notation. Si le second terme désigne le simple enregistrement, a posteriori, des moyens de production du son ou du mouvement, visant à rendre ceux-ci reproductibles, le premier renvoie à l’élaboration même de la composition qui se trouve ainsi dotée, par la possible manipulation de symboles in abstracto, d’outils de construction et de spéculation inaccessibles autrement. C’est bien entendu cette conception de l’écriture qui nous intéresse plus particulièrement et qui se trouva, en l’occurrence, mise en jeu dès les prémices de la composition de WALK.
En préliminaire fut donc établi, par la chorégraphe et le compositeur, un canevas temporel et formel minimum, indiquant quelques points de repères et événements essentiels, pour assurer le synchronisme de la danse et de la musique. Dans cette structure élémentaire vinrent s’inscrire ensuite progressivement les détails du discours chorégraphique et de la musique, l’un renvoyant à l’autre dans une permanente relation dialectique.
Le contrôle graphique des évènements ainsi assuré permit aussi de garantir un juste équilibre entre les deux discours sans que l’un soit subordonné à l’autre. Le rapport d’égalité instauré ainsi entre la musique et la danse trouve son prolongement dans la relation entre les deux interprètes, dans un jeu d’échange, d’écoute, de dialogue, proche de la relation entre les musiciens dans un concert de musique de chambre.