Le Jour d’Avant, pour chœur d’enfants et électro-acoustique
Création musicale et chorégraphique Chœur d’enfants et électro-acoustique
1998/99
Chorégraphie : Susan Buirge
Durée : 1 heure 15
Création : 1999 - Théâtre des Bouffes du Nord, Festival Agora (Paris) Maîtrise de Radio France - Direction Toni Ramon - Co-production Ircam et Radio France
Dans la majeure partie de la pièce, la musique alterne entre le chœur en scène et les séquences provenant de l’ordinateur. Celles-ci sont constituées soit de voix d’enfants, soit de sons concrets (pierres frappées, bruit d’eau, vent, etc…) transformés et spatialisés par l’ordinateur. Les voix d’enfants sont omniprésentes dans le postlude final, durant lequel émerge peu à peu une voix d’homme, en prémonition du rôle primordial qu’elle jouera dans « Le jour d’après ».
Le texte des parties chantées est composé de noms exclusivement féminins d’origines diverses : sumériens, africains, japonais et amérindiens.
Dans son ensemble toute la construction musicale a pour point de départ le chiffre cinq, que l’on retrouve à divers niveaux (15 chanteurs, polyphonie à cinq voix, etc…), et qui, entre autres significations, constitue, dans la cosmologie chinoise, le nombre de la Terre, le principe féminin, mais figure aussi les cinq éléments, en même temps qu’il occupe le centre d’un carré magique (de raison 15 !) représentant l’univers.
Une structure générale non narrative, élaborée par la chorégraphe, constitue un cadre temporel où la musique suit une évolution parallèle à celle de la danse et où les deux processus, l’un musical, l’autre chorégraphique, s’éclairent mutuellement. La parenté de ma démarche créatrice avec celle de Susan Buirge est apparue dès nos premiers entretiens et s’est avérée déterminante pour l’identité du projet. L’un comme l’autre privilégions le travail sur la structure et l’écriture qui doit assurer la cohérence du langage et la progression des évènements. Il s’agit donc d’une simple présentation du double cheminement des de la danse et de la musique.
Le chant des enfants, comme leur disposition sur le plateau, délimite l’espace et désigne le lieu du déroulement de la danse. Les lignes de force de celle-ci sont aussi soulignées par l’évolution spatiale (dans un triangle imaginaire dont la base serait au niveau du public) des séquences diffusées par l’ordinateur. La musique précise ainsi les contours de cet espace réservé.
» Patrick Marcland